Au Canada, entre 10 et 20 % des femmes seraient atteintes d'incontinence urinaire. Plus de la moitié des femmes auront des symptômes de ce problème au moins une fois dans leur vie.*

L’incontinence urinaire, souvent taboue et peu abordée par les médecins, mérite qu'on s'y attarde puisqu'elle peut rapidement affecter les activités de la vie quotidienne de celles qui en sont atteintes.

L'incontinence urinaire ainsi que la descente d'organes (prolapsus) peuvent être traitées par la médication ou par une chirurgie. Toutefois, un traitement de rééducation devrait d’abord être entrepris afin de cerner les causes du problème et de changer quelques habitudes de vie pour en diminuer les symptômes.

Il est possible de réduire considérablement, voire d’éliminer, les symptômes d'incontinence et de diminuer la progression de prolapsus par de simples exercices à faire chaque jour.


*Incontinence : une perspective canadienne; Mai 2007

 

 

La grossesse et l’accouchement ont un impact significatif sur le corps de la femme. En effet, lors de la grossesse, le poids du bébé ainsi que la place qu’il occupe dans le ventre de la maman amènent des changements par rapport à plusieurs structures anatomiques. L’accouchement, quant à lui, entraîne des blessures physiques qui ont un impact direct sur la continence et le maintien des organes pelviens. Cette difficulté, souvent taboue et peu abordée par les médecins, mérite qu’on s’y attarde puisqu’elle peut rapidement affecter les activités de la vie quotidienne de celles qui le présentent.

La grossesse

Pendant la grossesse, la courbure vertébrale du bas du dos (lordose lombaire) s’accentue au fil des mois, ce qui amène une bascule vers l’avant du bassin. Le plancher pelvien doit alors soutenir tous les organes internes, y compris l’utérus, de même que le bébé. Ce surplus de charges amène le périnée à se fatiguer et à perdre de l’endurance. De plus, la vessie est écrasée et poussée vers le bas par le bébé. Les ligaments qui la retiennent et qui retiennent l’utérus sont donc étirés pendant les neuf mois que dure la grossesse. En ce qui concerne les abdominaux, les grands droits prennent 15 cm de longueur. Cependant, si le bébé n’a pas assez de place malgré tout, les grands droits se séparent; ce phénomène s’appelle la diastase des grands droits.


L’accouchement

Neuf mois plus tard, à la suite de ces changements déjà importants pour le corps de la femme, il y a l’accouchement. Un accouchement, qu’il se fasse par voie vaginale ou par césarienne, amène lui aussi des changements physiques importants. Lors de l’accouchement par voie vaginale, le périnée est étiré à son maximum et, la plupart du temps, il se déchire partiellement ou complètement. De plus, la poussée, surtout si elle est longue et réalisée avec la respiration bloquée, n’exerce pas seulement une pression sur le bébé, mais aussi sur tous les organes internes, en particulier l’utérus et la vessie. Lors de la césarienne, ce sont les abdominaux qui sont le plus touchés puisqu’une incision est pratiquée à travers ceux-ci.


Les répercussions

Un périnée fatigué et blessé, des ligaments étirés, la vessie poussée à l’extérieur du corps, la diastase des grands droits et/ou une incision à travers ceux-ci sont des causes d’incontinence urinaire et de descente d’organes (aussi appelée prolapsus) dont plusieurs femmes sont atteintes à un moment ou l’autre de leur vie. Au Canada, entre 10 et 20 % des femmes seraient atteintes d’incontinence urinaire. Plus de la moitié des femmes présentent des symptômes de ce problème au moins une fois dans leur vie.*
À la suite de l’accouchement, le corps guérit peu à peu par lui-même. Les études indiquent que, dans les six premières semaines suivant l’accouchement, les abdominaux et les ligaments se raccourcissent afin de permettre aux organes de reprendre leur place. Toutefois, si pendant cette période, la nouvelle maman passe tout son temps debout et fait ses activités de la vie quotidienne sans prendre de précautions, ou pire, si elle reprend ses activités de loisirs telles que la marche ou la course trop rapidement, le corps ne peut se rétablir adéquatement et les risques d’incontinence urinaire et de descente d’organes augmentent.Quelles sont les solutions?
L’incontinence urinaire ainsi que la descente d’organes peuvent être traitées par la médication ou par la chirurgie. Un traitement visant à trouver les causes du problème et à modifier certaines habitudes devrait toutefois être entrepris dans un premier temps. Il est possible, par des traitements de rééducation musculaire et périnéale impliquant des exercices simples à faire chaque jour, d’éliminer sinon de réduire considérablement les symptômes d’incontinence et la progression d’une descente d’organes. Une prise en charge précoce est à privilégier.


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Émilie Robin, pht


*Incontinence : une perspective canadienne; Mai 2007